Comprendre le (cyber)harcèlement
Les fausses idées
HARCÈLEMENT, CYBERHARCÈLEMENT
Le harcèlement, c’est un ou plusieurs actes malveillants, intentionnel(s), destinés à nuire à une cible qui ne sait comment se défendre. Il y a toujours rapport de force.
La/les victime(s)
Les auteurs du harcèlement
Des rôles qui peuvent changer
La neutralité n’existe pas
Conséquences du harcèlement
D’un point de vue juridique
LES FAUSSES IDÉES
« Je suis victime, je suis faible »
« Le harcèlement est un conflit »
« Il faut parler pour résoudre le problème du harcèlement »
« Le harcèlement est dû à une faute commise par la victime »
« Il n’y a pas de fumée sans feu »
« La victime de harcèlement a un problème dans sa personnalité »
« Le/la victime a trop de défauts »
« C’est son affaire, cela ne me regarde pas »
« La victime n’a qu’à faire des efforts. »
Le harcèlement, c’est un ou plusieurs actes malveillants, intentionnel(s), destinés à nuire à une cible qui ne sait comment se défendre. Il y a toujours rapport de force.
Insultes, menaces, rumeurs, exclusion, publications d’images sans consentement, « tous contre un », …
Le harcèlement peut prendre des formes verbales (insultes, menaces…), physiques (coups, bousculades…), matérielles (vols, dégradations…), relationnelles (rumeurs, exclusions, atteintes à la réputation…) ou numériques (messages, publications, images, vidéos, faux comptes…).
Il peut aussi avoir une dimension discriminatoire, liée par exemple à l’origine, au sexe, à l’orientation sexuelle, à l’identité de genre, au handicap, à une caractéristique physique, sociale, culturelle ou religieuse.
En ligne, la répétition peut aussi venir du groupe : l’un publie, l’autre commente, un autre repartage… Pour la personne ciblée, tous ces actes s’accumulent.
La/les victime.s
Ca peut-être toi, ou moi… C’est parfois la différence qui attire le harcèlement. Mais pas toujours.. Il n’y a pas de règles… Ni raison valable à être harcelé.e.
Il n’y a pas de profil type, ni de raison valable à être harcelé·e. Chercher une raison chez la personne qui subit n’a pas de sens.
Le prétexte peut être absurde, illogique, parfois même contradictoire : trop ceci, pas assez cela… Une différence, une apparence ou une façon d’être peuvent être utilisées comme prétexte, mais elles ne sont jamais la cause du harcèlement. Et parfois, il n’y a même pas de prétexte identifiable.
Le problème n’est pas ce qu’est la personne. Le problème, ce sont les comportements qu’il/elle subit. Le harcèlement est injuste. Rien, absolument rien, ne le justifie.
La personne qui le subit peut se sentir isolée, vulnérable ou incapable de se défendre. Elle peut avoir peur des représailles, de ne pas être crue, d’être jugée ou d’être considérée comme une « balance ».
La honte peut aussi empêcher de parler, surtout lorsque cela touche au corps ou à l’intimité.
Les auteurs du harcèlement
Ca peut-être toi, ou moi, lorsqu’on « joue » avec une personne pour se prouver quelque chose ou par méchanceté.
On peut participer pour faire rire, suivre les autres, appartenir au groupe, gagner en popularité, se venger, éviter d’être exclu·e ou ciblé·e à son tour… Parfois, rejoindre le groupe devient même une façon de se protéger.
Lorsque personne ne réagit et que la situation dure, les comportements peuvent progressivement sembler « normaux » ou acceptables. Le groupe s’habitue, les limites bougent et la violence peut s’amplifier.
En ligne, ce phénomène peut aller très vite. Publier, commenter, encourager, filmer, liker ou repartager peut contribuer à amplifier ce que subit une personne.
Et les rôles peuvent changer : une personne qui subit aujourd’hui peut, à son tour, participer demain, parfois pour se défendre, se faire accepter ou éviter de devenir à nouveau la cible.
Un comportement ne définit pas une personne pour toujours. On peut arrêter, comprendre ce qui s’est passé, réparer et agir autrement.
Des rôles qui peuvent changer
Il arrive qu’une personne harcelé.e devienne harceleur.se. C’est pour cette raison que ce site existe. Pour construire d’autres solutions.
Un harceleur peut devenir victime, tout comme le/la cible peut devenir harceleur(se). Ceci est illustré dans le film « Un Monde » de Laura Wandel.
Les rôles ne sont pas figés.
Une personne harcelée peut répondre, se venger ou adopter à son tour un comportement blessant. Un·e témoin peut rejoindre le groupe, puis décider de soutenir la personne ciblée. Une personne qui participe peut comprendre les conséquences de ses actes et arrêter.
En ligne, tout peut aller très vite : une photo est publiée, quelqu’un la repartage, une autre personne la transforme, d’autres commentent…
C’est pour cette raison que ce site existe : comprendre ce qui se passe et construire d’autres solutions.
La neutralité n’existe pas
CAR soit tu aides à la solution, soit tu confirmes le problème.
Tu n’as pas besoin d’être un héros ou une héroïne. Et tu ne dois jamais te mettre en danger.
Ne pas rire. Ne pas liker. Ne pas repartager. Ne pas filmer pour diffuser. Soutenir la personne. Chercher un autre témoin. Prévenir un adulte.
Tous ces gestes comptent.
Tu peux aussi avoir peur ou ne pas réussir à intervenir sur le moment. Tu peux agir après.
Pose-toi simplement cette question :
Mon attitude contribue-t-elle au problème ou ouvre-t-elle un espace à une solution ?
Conséquences du harcèlement
De la souffrance, et du stress, de l’impuissance, de la culpabilité, de l’insécurité et des traumas.
Du côté de la personne qui subit, le harcèlement peut provoquer du stress, un sentiment d’impuissance, de culpabilité, de solitude ou d’insécurité. Des signes physiques peuvent aussi apparaître : maux de ventre ou de tête, troubles du sommeil ou de l’alimentation, fatigue… Le jeune peut perdre confiance en lui, s’isoler, devenir anxieux ou irritable, ne plus vouloir aller à l’école ou abandonner certaines activités.
Plus la situation dure et les agressions s’accumulent, plus elles peuvent laisser des traces et entraîner une détresse psychologique importante, parfois jusqu’à des comportements auto-agressifs ou des idées suicidaires.
SOYEZ VIGILANT·ES : tout changement important de comportement peut être un signal d’alerte : repli sur soi, troubles du sommeil, anxiété, agressivité inhabituelle, isolement, peur d’aller à l’école…
QUAND LES VIOLENCES CONTINUENT LA NUIT
Cyberharcèlement, sextorsion, diffusion d’un nude, faux compte, menaces… Les cyberviolences et certaines formes de cybercriminalité peuvent suivre un jeune jusque dans sa chambre. Certains passent alors une partie de la nuit sur les réseaux à répondre, surveiller les messages, vérifier qui a vu ou repartagé une image, ou tenter de reprendre le contrôle de ce qui circule. Cette hyperconnexion peut augmenter le stress, l’anxiété et les troubles du sommeil. Lorsqu’un nude, une image intime ou une humiliation circule, la honte et la perte de contrôle peuvent provoquer une détresse psychologique très importante, pouvant aller jusqu’aux idées suicidaires.
D’un point de vue juridique
C’est punit pour la Loi
En Belgique, le harcèlement est puni par la loi, dans la vie quotidienne comme en ligne.
Depuis le 1er septembre 2026, le nouveau Code pénal belge a remplacé l’ancien Code pénal datant de 1867. L’ancien article 442bis sur le harcèlement a été remplacé par les nouvelles dispositions des articles 237 et 238.
L’article 237 prévoit que le harcèlement peut être constitué même s’il s’agit d’une seule fois ou d’un seul acte, lorsque les autres conditions prévues par la loi sont réunies.
L’article 238 prévoit un harcèlement aggravé notamment lorsque la victime est mineure ou lorsque les faits sont commis par deux personnes ou plus.
La loi s’applique aussi en ligne. Le cyberharcèlement peut utiliser des messages, des groupes, des images, des vidéos ou de faux comptes pour humilier, menacer, intimider ou faire pression sur quelqu’un.
La cybercriminalité est plus large : elle concerne des actes interdits par la loi commis ou facilités par le numérique.
« Je suis victime, je suis faible »
NON, si tu es victime, c’est que tu subis une situation sur laquelle tu ne sais pas agir
La victime n’a pas besoin d’être quoi que ce soit pour devenir une cible de harcèlement. Etre choisi.e pour cible suffit. Le harcèlement est injuste et illogique.
Rien ne justifie le harcèlement.
Etre victime signifie se retrouver dans une situation injuste. C’est tout! Cela ne fait pas de toi une personne faible. Reste comme tu es, avance !
« Le harcèlement est un conflit »
NON, si le harcèlement était un conflit, on pourrait le résoudre en discutant posément
Un conflit, c’est un désaccord entre des individus. Ce qui sous-tend que si l’objet de ce désaccord est résolu, le conflit cessera.
Peut-on dire du nouveau de la classe qui devient la cible d’un groupe leader de la classe, que ce nouveau de la classe est « en conflit » avec ses camarades ? Qu’il lui appartient de résoudre l’objet du désaccord ?
« Il faut parler pour résoudre le problème du harcèlement »
NON, discuter avec les harceleur.ses les rend plus fort.es encore
Le premier réflexe étant bien souvent de communiquer, il ne fonctionnera pas dans un cadre de harcèlement, car il y a volonté de nuire.
Exemple : Si je veux te blesser, et que tu discutes avec moi pour que je comprenne que cela te fait mal. Je vais comprendre que tu as mal, ce qui tombe bien comme c’était mon souhait.
Communique uniquement avec une personne de confiance, jamais avec les harceleurs
« Le harcèlement est dû à une faute commise par la victime »
NON, rien que la victime ait pu faire ne mérite le harcèlement!
Il est d’ailleurs puni par la loi.
Il est interdit et punissable d’harceler autrui, même si d’aucun pense être en droit de le faire. Et bien, non, ce droit, ils ne l’ont pas. Aucune erreur ne mérite de justifier le harcèlement. Quand bien même un individu aurait fait de la prison par le passé, il ne pourrait tout de même pas être harcelé pour cela.
« Il n’y a pas de fumée sans feu »
NON, le harcèlement n’a aucune logique
Prudence avec l’adage tellement culpabilisant « il n’y a pas de fumée sans feu » !
Il n’y a jamais de fumée sans feu, mais chercher le feu dans le bois qui est simplement apposé au bord du champs est une fausse croyance. L’origine du feu se trouve dans les poches de celui qui tient la boîte d’allumettes. Même si le bois est vieux, même s’il est sec, même s’il a des défauts, cela n’en fait pas du feu !
De même, quand tu vois des voleurs en train de briser la porte arrière de ta voisine, tu ne te poses pas la question « mais qu’est-ce que ma voisine a bien pu faire pour que des voleurs entrent de force chez elle ? ». Non, tu sais que ta voisine est victime de vol, tout comme la cible du harcèlement est elle aussi victime de la malveillance d’une ou d’un groupe de personnes.
Ta différence est sacrée! Reste comme tu es, avance! Tu as le droit de penser par toi-même!
« La victime de harcèlement a un problème dans sa personnalité »
NON, la victime est juste devenu.e le « jouet » d’une ou de plusieurs personnes
Vois-tu, ce serait intéressant pour notre conscience collective si la cible de harcèlement avait un problème qui justifierait son statut de cible. Cela nous dédouanerait collectivement des jugements cruels dont nous l’accablons.
Chacun est comme il est, chacun est unique ! C’est cela qui fait de nous des êtres extraordinaires. Être unique est un droit. C’est un apprentissage pour tout être humain que de découvrir sa propre singularité et d’apprendre à respecter celles des autres.
Tu es unique! Reste comme tu es! Tu as le droit de penser par toi-même!
« Le/la victime a trop de défauts »
NON, le tempérament de la victime est juste pris pour cible
Le/la victime n’a pas non plus besoin de « faire », car malheureusement « être » lui suffit à devenir victime.
Il/elle est juste prise dans les filets du harcèlement. Qu’importe les fausses raisons, rien ne justifie le harcèlement.
Il/elle ne doit pas changer, juste s’accepter tel qu’il/elle est … Pour protéger sa santé mentale et son bien-être intérieur.
Ta différence est sacrée! Reste comme tu es, avance!
« C’est son affaire, cela ne me regarde pas »
NON, si tu es témoin du harcèlement, vas-tu participer à une solution ou confirmeras-tu le problème?
La cible de harcèlement est devenue la proie d’une malveillance collective. C’est donc au collectif de régler cela. Nous sommes tous concernés. La neutralité n’existe pas. Chaque comportement confirme le problème ou conduit à la solution.
La neutraité n’existe pas. Chaque comportement conduit à une solution ou confirme le problème.
« La victime n’a qu’à faire des efforts »
NON, les efforts épuiseront juste davantage la victime.
La cible n’a pas participé à causer le problème et ne saurait donc trouver la solution par elle-même. C’est ce qui en fait une VICTIME.
Il/elle ne peut avoir le contrôle sur les auteurs du harcèlement. Pour avancer, il lui faudra apprendre à traverser les 5 étapes.
Et il/elle aura besoin de l’implication de PERSONNES DE CONFIANCE pour réinstaller une sécurité pour tous.
Reste bien concentré sur les 5 étapes. Courage, on est avec toi!